Des préjugés aux discriminations

Suite aux évènements récents sur la mort de G. Floyd aux États-unis et à la mobilisation internationale qui s'en est suivie contre les discriminations et les violences policières, j'ai voulu aborder ce sujet par le biais de la psychologie sociale, en me basant, en partie, sur le cours d'un de mes professeurs Mr Guimond . Pourquoi par ce biais-là ? Parce que comme nous pouvons le constater les préjugés et les discriminations sont des attitudes et des comportements que nous retrouvons dans toutes les sociétés que porte ce monde, partout où vous irez, vous y serez confrontés.


Il y a différentes façons d'aborder ce sujet, les deux plus courantes sont, que d'une part, c'est un problème lié à certains individus et d'autre part que c'est un problème systémique. Mais si cette petite graine des préjugés aboutissants aux discriminations était en chacun de nous ? Et que selon l'environnement dans lequel on évolue qu'elle finisse par germer.

Nous avons donc les préjugés, qui sont une évaluation négative ou défavorable d'une personne en raison de son appartenance à un groupe. Par exemple les préjugés contre les Noirs, les Arabes, ... on dira que c'est du racisme, contre les Juifs de l'antisémitisme, contre les femmes du sexisme. Concernant les discriminations, il va s'agir de comportements négatifs ou défavorables envers une personne en raison de son groupe d'appartenance. Par exemple, ne pas accorder un travail à quelqu'un en raison de son origine ethnique.

Maintenant que nous avons défini ces termes, nous allons voir comment ces préjugés se développent de l'enfance à l'âge adulte.

Dès l'enfance on peut donc développer des préjugés raciaux alimentés principalement par deux facteurs, les parents et les médias. Je ne développerai pas plus ces deux facteurs qui sont assez connus dans ce processus. Je vais plutôt développer deux autres facteurs que sont la compétition intergroupe et le conformisme, phénomènes que l'on retrouve de façon plus "normée" à l'adolescence et à l'âge adulte.

Pour la compétition intergroupe, on peut remarquer que lorsqu'il y a des tensions sur le marché du travail, par exemple, cela va engendrer une augmentation des préjugés vis-à-vis des immigrants. C'est ce que la théorie des conflits réels de Shérif en 1966 a démontré.

Il a mis en compétition deux groupes d'adolescents de 11/12 ans, qui étaient en camp de vacances, pour l'obtention de ressources rares ( on appelle ressources rares, les emplois, les ressources naturelles, la richesse ou le pouvoir). Cette compétition a fini par déclencher des comportements violents et hostiles envers l'autre groupe.

Concernant le conformisme, il y a la théorie de l'identité sociale de Tajfel en 1971. Il a voulu étudier dans quelles conditions minimales, les personnes commençaient à faire de la discrimination. Pour ce faire, il a créé deux groupes de façon aléatoire d'adolescents de 14/15 ans. Les uns étaient définis comme le groupe A et les autres comme le groupe B. Il n'y avait pas d’interactions sociales entre eux, personne ne savait qui était qui. Il leur était demandé à chacun de choisir quelle répartition des richesses ils voulaient pour les deux groupes, sachant qu'ils ne pouvaient pas choisir pour eux-mêmes. Et bien on a pu observer que majoritairement les personnes choisissaient de favoriser les membres de leur propre groupe au détriment donc de l'autre groupe. La conclusion de cette étude démontre que le seul fait d'avoir catégorisé les personnes en deux groupes sociaux quelconque (A/B) suffit à provoquer des comportements discriminatoires.

Comme on peut l'entendre si souvent actuellement dans les médias , les préjugés et les discriminations ne sont pas les seuls faits de quelques individus isolés, c'est aussi un phénomène existant entre les groupes sociaux simplement parce qu'ils sont différents.

Il y a d'autres aspects que l'on aurait pu développer, comme le fait d'évoluer dans un environnement tolérant ou incitant des propos et/ou des comportements discriminants, mais ces deux théories m'ont paru les plus pertinentes pour pouvoir présenter un début de réponse ou de piste pour amener un changement.

Comme il a été mentionné en début d'article, dès l'enfance on peut développer des préjugés raciaux, qui peuvent être renforcés lors de l'adolescence et à l'âge adulte par notre environnement ou certains évènements. Au travers des deux précédentes théories, on peut voir que la compétition intergroupe est un des facteurs déclenchant des préjugés et des discriminations. À partir de ce postulat on peut s'interroger sur le rôle de l'école où l'on apprend dès notre plus jeune âge à être en compétition avec ses petits camarades de classe. Comportement aussi qui est plus ou moins valorisé dans les familles. Il y a pourtant un aspect positif à cette compétition lorsqu'on l'aborde vis à vis de nous-même et non plus vis-à-vis de l'autre. Qu'ai-je fait de mieux qu'hier ? On entend souvent dire que c'est le meilleur qui gagne ou que c'est la loi du plus fort qui prévaut....mais l'on oublie la coopération, car même le plus grand champion de n'importe quelle discipline ne peut gagner seul....il est souvent entouré, coaché, soutenu, au final c'est un travail d'équipe quand on y regarde de plus près. L'école peut aussi proposer des jeux de rôle pour apprendre aux enfants ce que sont les discriminations, non seulement en prenant un détail physique ou vestimentaire de quelques élèves mais aussi en créant des groupes comme ce qu'a fait Tajfel. Tout ceci pour que dès le plus jeune âge, on puisse comprendre ces mécanismes qui nous sont propres et comment rééquilibrer les choses.

Il y a aussi la formation des professeurs mais aussi de tous les métiers qui sont en contact avec un public comme dans le domaine de la santé, la police, les ressources humaines,... où il est capital de faire entrer la psychologie sociale dans les cursus pas seulement pour apprendre sur le public accueilli mais pour apprendre aussi sur soi-même et les biais que nous pouvons avoir envers l'autre. Nous avons les connaissances et les outils nécessaires pour faire évoluer les choses en ce sens. Il y a une autre étude qui s'appelle l'effet Pygmalion ou la réalisation de l'auto-prophétie, que je vous laisse découvrir, mais qui reflète bien cette réalité-là.

En partant de ces préjugés et discriminations, se repose la question de quelle société nous voulons ? Paraît-il que nous sommes dans le monde d'après....qu'allons-nous faire de cette compétition face à l'obtention de ces ressources rares ? Allons-nous enfin apprendre à évoluer dans la coopération et dans le respect de chacun ? Avons-nous vraiment envie de faire ce travail sur nous-mêmes ?

Bien sûr, je ne me fais pas d'illusion, il restera toujours quelques irréductibles...mais si au moins on pouvait en limiter le nombre....



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